La République Démocratique du Congo (RDC) est engagée dans le processus de réduction des émissions dues à la déforestation et à la Dégradation des Forêts (REDD+) depuis 2009. Le Gouvernement a validé en novembre 2012 la Stratégie Cadre nationale REDD+. La Stratégie REDD+ promet une gestion et une utilisation durables des terres en vue d’adresser de façon intégrée les divers moteurs de la déforestation et de stabiliser le couvert forestier, tout en assurant la croissance économique, l’augmentation des revenus des populations et l’amélioration de leurs conditions de vie, en particulier celle des plus pauvres et vulnérables.
De la situation de la déforestation dans les provinces du Rayon d’actions du Collectif FORSPAX :
Pour rappel, depuis l’époque des refoulements massifs (des ressortissants du Kasaï au Katanga en 1993, des expulsions massives des congolais vivants en République sœur d’Angola), l’espace grand Kasaï, une partie du Kongo-central, Kwuilu, Kwango, et Lualaba, avaient accueillies des vagues des refoulés du Katanga d’une part, et d’expulsés d’Angola, d’autre part, causant ainsi une demande des terres habitables et cultivables, engendrant ainsi une pression croissante sur l’écosystème à cause du surpeuplement de la population qui vit en difficultés d’énergie électrique et qui recherche du jour au jour des terres arables et intensifie la production des braises.
Cette situation plonge certaines de ces provinces dans des conditions de destruction massive des espèces végétales et animales, causant ainsi le changement climatique.
Les récents conflits entre les Forces de l’ordre et la Milice Kamuina- Nsapu sont venus exacerber une situation précaire de déforestation très avancée, étant donné que des villages entiers ont été contraints de vivre pendant plus d’un semestre et demi dans des forets déjà presque dévastées.
Sur un autre chapitre, les provinces minières du Grand Kasaï et celle de Lualaba, font face à la destruction des galeries existantes. Le niveau de déforestation dans les carrières minières artisanales est très inquiétante au regard du nombre d’arbres que les creuseurs abattent au quotidien, des puits souterrains creusés, de l’ampleur de la production des braises, et d’énormes éboulements fréquents dans ces carrières minières.
Etant donné que la production des braises ou charbons de bois est devenue une activité très importante dans les provinces à faible accès à l’énergie électrique comme l’espace grand-Kasaï, grand-Bandundu, et une partie du Kongo central, il est impérieux de prioriser l’électrification comme alternative durable pour la protection de la forêt.
Ainsi, mettre en place les conditions idéales pour la conservation d’un environnement durable bute sur des contraintes liées au contexte socioéconomique et politique de ces provinces.
Au niveau, communautaire, le Collectif Forum pour le Social et la Paix « Réseau FORSPAX ( avec ses 16 ONG reparties sur les différentes provinces de la RDC) et l’ONG-Women’s Expertise-DRC ont mis en place un plan de sensibilisation et de formation dans les localités de l’hinterland de la ville de Kananga ( plus-grand centre de consommation des braises) sur la carbonisation améliorée (une noble initiative qui peine à faire tâche d’huile).
Nous remercions l’UNHCR pour son appui à la formation des experts WEDRC en techniques de carbonisation améliorée.